Migration Conseil sur le Courrier de l'Atlas: "Travailler en France, choisir le bon dispositif"

CouvCDA-N°32Chaque mois, Migration Conseil publie un article sur Le Courrier de l'Atlas.

Premier magazine du Maghreb en Europe, Le Courrier de l’Atlas propose des dossiers thématiques et des sujets sur l'actualité politique, économique, sociale et culturelle en Europe et dans les pays du Maghreb.

Voici l'article publié dans le n°31, décembre 2009

La carte de résident de 10 ans « pour contribution économique exceptionnelle », créée en septembre 2009, est réservée à une certaine catégorie d’investisseurs. La plupart des ressortissants étrangers qui souhaitent développer leur carrière professionnelle en France doivent donc se tourner vers d’autres dispositifs. Ils sont nombreux et concernent des profils très variés. Caroline Naïl* en donne un tour d’horizon.

Choisir la procédure la plus adaptée

Avec la création récente de plusieurs mesures destinées à faciliter l’emploi des ressortissants étrangers en France, il existe désormais un large éventail de dispositifs qui concernent chacun des profils et des situations précises : étrangers hautement qualifiés, hommes d’affaires, jeunes diplômés, personnes qui ont des compétences spécifiques ou une expérience professionnelle recherchée…

Pour travailler ou changer d’emploi en France, les ressortissants étrangers doivent avant tout analyser les différents dispositifs afin de déterminer celui qui correspond le mieux à leur situation.

Le choix de la bonne procédure dépend du projet souhaité en France, du secteur d’activité, de la fonction, du salaire, de la région d’origine, de la situation administrative et familiale du candidat…

Voici un aperçu de quelques possibilités.

Pour créer son entreprise

La carte « Gold » est évidemment l’idéal, mais les « contributions économiques exceptionnelles » demandées pour pouvoir bénéficier de cette carte de résident de 10 ans sont exigeantes : il est nécessaire, sur la période, soit de s’engager à créer, ou à sauvegarder 50 emplois en France ; soit d’investir au moins 10 millions d’euros (sauf exceptions). Le candidat doit remplir ces conditions personnellement ou par l’intermédiaire d’une société qu’il dirige ou dont il détient au moins 30 % du capital.

Une autre possibilité, plus accessible, est d’obtenir un titre de séjour temporaire autorisant l’exercice d’une activité non salariée. Les détenteurs d’un titre de séjour « vie privée et familiale » ou d’une carte de résident peuvent exercer une activité non salariée; les autres devront solliciter un titre spécifique auprès de la préfecture de leur lieu de résidence.

Demander la carte Compétences et Talents peut être une autre possibilité, si le projet du créateur d’entreprise correspond aux conditions requises : le projet doit participer au rayonnement économique ou au développement de la France et de son pays d’origine, et doit être réaliste au regard de la formation et de l’expérience du candidat.

Pour occuper un emploi dans une entreprise en France

Pour une procédure d’embauche classique, il faut d’abord obtenir une promesse d’embauche pour pouvoir demander une autorisation de travail aux administrations compétentes. En règle générale, ces dernières vérifient, entres autres, la situation de l’emploi et l’adéquation entre le diplôme et/ou l’expérience professionnelle du futur salarié, le poste et le salaire proposés… mais la règle générale s’arrête là ; les démarches administratives à suivre et les critères à respecter varient en fonction de chaque situation :

1- Ceux dont le titre de séjour autorise à travailler (la carte vie privée et familiale par exemple) ont peu de démarches à effectuer ;

2- Les étudiants, une fois leur promesse d’embauche obtenue, doivent faire une demande de changement de statut. C’est une procédure parfois longue et complexe pour laquelle les administrations sont exigeantes: il faut déposer la demande au moins 4 mois avant l’expiration du titre de séjour étudiant (des spécificités existent pour les étudiants hautement qualifiés).

3- Pour ceux qui ont la possibilité de prétendre à un poste à forte valeur ajoutée dans une entreprise en France, certaines procédures sont facilitées, notamment si leur salaire est élevé (cadre supérieur ou dirigeant), ou s’ils sont salariés d’un grand groupe international.

4- Pour ceux qui détiennent une promesse d’embauche pour un métier souffrant de pénurie de main d’œuvre, l’administration n’oppose pas la situation de l’emploi.

5- Enfin, ceux qui sont en situation irrégulière peuvent, s’ils remplissent les nombreux critères exigés par la loi, demander leur régularisation par le travail. Le métier concerné doit être en pénurie de main-d’œuvre, et ils doivent, notamment remplir des conditions de temps de présence en France.

Cette liste n’est évidemment ni exhaustive ni précise. Ces exemples permettent néanmoins de comprendre la multiplicité des possibilités et des procédures. Le principal conseil que je peux donner est donc de bien choisir sa procédure, de bien connaitre les démarches, et de constituer un dossier extrêmement complet, qui répond à toutes les conditions exigées par la Loi, et qui ne néglige surtout pas les aspects personnels et spécifiques propres à chaque situation.

Caroline Naïl, responsable de Service Accompagnement administratif de Migration Conseil

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